Antiquae Bellum 2

Jeu de Stratégie, Diplomatie, Commerce et Civilisation au travers d'une uchronie prenant place dans l'Antiquité (-280 AV JC)
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 -246 Eté - Siège de Tarsatica et bataille du cap Cres.

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MJ Zeus
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Date d'inscription: 05/05/2009

MessageSujet: -246 Eté - Siège de Tarsatica et bataille du cap Cres.   Mer 25 Nov - 2:20

Tarsatica - 10e jour Eté 246 - Mur nord de la forteresse.

Le centurion Vénarius n'en croyait pas ses yeux !
C'est en maugréant qu'il avait accompagné son Optio surexcité. Sa garde touchait à sa fin et il aspirait à regagner ses quartiers. Ce siège durait depuis déja plus d'une saison et nul assaut n'était venu rompre la monotonie des journées des assiégés. Au loin on voyait aller et venir les Keltoi.
Boiens du Danube, Taurisques et Galates qui, chaque jour, devait aller de plus en plus loin pour trouver du ravitaillement pour leurs hordes.
Vétéran de la Ve Légion, Vénarius n'était pas inquiet quant à une possible chute de la cité et de la forteresse de Tarsatica. Depuis des années qu'il servait, d'abord en Italie du nord puis en Illyrie et, enfin, ici même en Liburnia, Vénarius n'avait vu de position plus formidable.
Il comptait d'ailleurs bien s'y établir une fois son service terminé. La contrée était accueillante et le flot incessant de colons romains et italiques allait en faire une terre prospère.
Rome y avait dépensé des fortunes pour faire jaillir de terre Tarsatica. Erigé la forteresse, bâtir les quartiers marchands et les docks, creuser le port militaire et le port de comemrce !
"Quel autre peuple que nosu autres romains peut ainsi faire preuve de son génie !?" songeait il en gravissant les dernières marches menant au chemin de ronde.

-"Vois Véranius ! Ils sont partis !" trépignait l'optio.
Effectivement, pendant la nuit les camps des Keltoi s'étaient vidés. Plus rien ne restait des camps des assiégeants, hormis les débris et déchets que l'on trouve dans le sillage d'une armée.
Véranius, protégeant ses yeux de sa paume horizontal, se projeta aussi loin que le lui permettait les rayons du soleil naissant.
Quelques cavaliers Keltoi se dressaient bien, emblèmes brandis, sur un tertre à limite de vue, mais pas une trace de leur armée...
"-Va prévenir le légat. Le siège est terminé. Tarsatica est inviolée !". soupira t il d'aise.



Quelques heures plus tard, le roi des Venetii, Corvino, avec ses milliers de guerriers et 5 cohortes de la Ve Légion sortaient par la porte principale à la poursuite des Keltoi en retraite. Il convenait de s'assurer de leur repli total et aussi de ravitailler de frais la garnison et la population de la ville notablement augmentée de nombreux réfugiés.



Tarsatica - 11e jour Eté 246 - Mur nord de la forteresse.

-"Ton gladius doit être toujours propre et sec". Venarius inspectait le détachement de légionnaires de sa centurie qui assurait la garde à la porte principale de Tarsatica. Il avait repris la garde depuis ce matin et était d'excellente humeur.
Soudain, son regard fut attiré par un mouvement à la lisière de la forêt qui bordait les approches nord est de la ville.

Une troupe d'une bonne centaine de cavaliers, escortant plusieurs lourds chariots, chevauchait rapidement vers la porte.
Vénarius descendit jusqu'au gigantesque portail de chène bardé d'acier qui fermait l'entrée principale de la ville.
-"Centurion. Ondirait des Illyriens" précisa un légionnaire vétéran.
-"Et je dirais même qu'il s'agit des gardes de ce vieux renard de Grégorios ! Qu'est ce qui a bien pu lui faire quitter son palais !" continua le soldat.
-" Un renard ? Un porc oui !" tonna le centurion qui ne gardait de son séjour au palais royal de Scodra qu'aversion pour le souverain pervers et sans scrupules qui régnait sur le Bardylis. "Cet étron s'est fait botter le cul par les Keltoi qui lui ont pris sa capitale ! Et, maintenant il ramène son derrière doré à l'abri de nos murs. Le légat m'avait informé de la possible venue de ce rat."

Mais déja les premiers cavaliers franchissaient la porte. Ce fut bientôt le tour du lourd chariot royal. Un visage luisant de sueur dont les rigoles avait fait couler le maquillage qui ornait les yeux et les bajoues du despote émergea d'entreles rideaux qui fermaient la litière.
"Centurion ! Annonce Sa Majesté Grégorios Ier, Roi de Bardylis et splendeur d'Illyrie à ton légat". Le visage rubicond disparu de nouveau derrièreles tentures, tandis que l'énorme chariot s'engageait sou sleporche d'entrée.
-"Halte là ! Ton char est trop gros" hurla aussitôt un des légionnaires de faction au cocher. En effet, le véhicule, une fois engagé obstruait maintenant toute la porte et y était bloqué !

Véranius sentit derrière sa nuque le picotement l'avertissant du danger.
-"Légionnaires ! A moi !"
Mais il était trop tard ! De derrière le chariot royal venaient de s'élancer les gardes de Grégorios. Et, si les premiers à êtres passés étaient bien illyriens, ceux qui bondissaient en poussant des cris stridents et en brandissant de lourdes épées de fer étaient d'une autre race !
Les légionnaires se regroupèrent autour de leur chef tant bien que mal. Les cavaliers qui étaient passés se retournaient et les chargeaient, tandis que, franchissantle char qui bloquait les portes se déversait des guerriers hurlant "Esus ! Taranis ! Andrasta !" et surtout "Camulus !" le terrible dieu de la guerre des Celtes.

Tandis que, sous l'assaut impétueux, ses légionnaires tombaient les uns après les autres, Véranius eut le temps d'apercevoir une nuée hurlante se dirigeant vers la porte, avant qu'un coup de taille sur son casque ne lui fasse perdre connaissance. Les carnyx résonnaient dans le ciel de Tarsatica.

Véranius se réveilla. On était en train de le relever pour l'agenouiller. Ses bras étaient liés dans son dos.
Il se trouvait au milieu d'un immense vacarme. Des clameurs se répondaient dans toute la cité !
-"Brennos ! Brennos !! Esus !! Camulus !" scandaient les vainqueurs en frappant leurs boucliers de leurs lourdes épées !
Il était toujours près de la porte. Les cadavres de ses hommes à côté de lui.
"Keltorix ! WWWahhhhh".
Il leva la tête. Un gigantesque celte, le torse nu sous sa riche cape rouge rayée de bleu, fermée d'une fibule d'or, buvait dans son casque à grands traits. Le vin coulait sur son vaste poitrail. Il regarda le romain vaincu à ses pieds et, lui décochant un coup de pied amical, se remit à hurler !
Un frémissement parcouru la foule des vainqueurs. Les cris redoublèrent "Keltorix ! Brennos !! Brennos !!! Brennos !!"
De son char, couvert d'or et aux essieux de bronze, le rix de Keltobrogos semait à pleines mains l'or et l'argent parmi la foule des celtes qui lui faisait cortège.
Il avançait coiffé d'airain, paré de l'or de ses colliers et de ses bracelets.
Une meute de chasse l'accompagnait. Derrière lui, ses ambacts bardés de fer l'acclamaient.

Quand il passa devant Vénarius, celui ci vit avec horreur que son attelage s'ornait des têtes coupées de Corvino et du légat Manlius, commandant les 5 cohortes parties la veille...

Les acclamations accompagnèrent le cortège tandis que le Keltorix avançait dans la cité. Tarsatica était sienne maintenant.
Une poigne de fer s'abbatit sur l'épaule de Véranius tandis qu'on lui passait un licol au cou. Le grand celte à à la cape rouge et bleu, le releva brutalement et, d'une bourrade l'envoya rejoindre la file des prisonniers qui partait pour Esudunum. Futurs esclaves ou sacrifiés aux Dieux !
Et le Keltoi éclata alors d'un grand rire. Rire qui résonna longtemps dans la tête de Véranius tandis qu'il marchait vers son nouveau destin...




Adriatique. 12e jour de l'été 246 - Au large du cap Crest. Au large de Tarsatica

(voir carte en fin de CR)

Le char de feu d'Appolon terminait sa course, irisant le ciel crépusculaire d'une chaude lueur orangée, tandis qu'il disparaissait derrière les flots.
Une nouvelle fois, le puissant rostre de bronze de la "Reine Elissa" fendait l'eau couverte des débris de la flotte ennemie. A sa poupe, le navarque punique Hannibal le Prudent, contemplait la destruction dela flotte de Tibérius Corucanius.
Plus de 150 galères adverses gisaient maintenant par le fond, et plus d'une centaine d'autres étaient remorquées derrière les vaisseaux des vainqueurs.

L'amiral romain avait pu s'échapper avec une partie de sa flotte, mais des 400 viasseuax que celle ci déployait avec orgueil ce matin même, il n'en restait que bien moins de la moitié !

La cité de Tarsatica était tombée la veille. La lueur des brasiers funéraires celtes qui illuminèrent le soir même le promontoire de Bakar à l'est de la ville, l'indiquèrent aux navires de surveillance dépéchés dans les îles par l'amiral punique.
Ces navires, manoeuvrés par des illyriens n'étaient autres que les vaisseux rhodiens capturés à Skiros l'année précédente.

Au matin, la flotte ennemie quitta son mouillage et s'engagea dans le chenal qui séparait l'île de Cres du continent.
Tout juste prévenu de l'apapreillage ennemi par ses guetteurs, Hannibal rassembla ses 350 voiles en 2 colonnes. A l'est les carthaginois, filant le long des grandes îles de Dugi et Molat et, à l'ouest, les navires de la Ligue Hellenique.

L'ennemi fut bientôt en vue se rapprochant à grande vitesse. Impressionant par sa force. 400 Voiles barraient, en effet, l'horizon.
A l'est, longeant la péninsule de Pula les lourds vaisseaux lagides aux ponts ornés de tours peintes en gris pour figurer des constructions de pierres et chargés d'une puissante artillerie, au centre les escadres romaines, chargées de nombreux légionnaires évacués de la cité et qui, s'ils génaient la manoeuvre, seraient précieux en cas d'abordage.
Le long des iles, à l'est, se faufilant le long du cap Cres, les vaisseaux de Syracuse et de Tarente.

Tibérius Corucanius avait lancé ses ailes en avant pour rabbatre l'ennemi sur son centre moins manoeuvrant mais plus puissant au corps à corps.
Mais c'était sans compter sans la supériorité manoeuvrière des puniques et des hellènes.
Tandis que le navarque d'Athènes, Eurymédon, menait ses 200 voiles face aux navires égyptiens, Hannibal accula les escadres de Syracuse sur le cap Cres et pu les défaire par la seule supériorité de ses équipages dans le combat d'escadres.
Il se retourna ensuite sur les romains en les attaquant et de front et de flanc. Le choc fut terrible. Les navires de Rome compensant leur inexpérience par l'utilisation des corvus et la vaillance deslégionnaires embarqués.
Mais l'expérience et la manoeuvrabilité des pentères de Carthage leur permit d'accabler l'une après l'autre les galères latines.
En fin d'après midi, Tibérius Corucanus réussit à sortir du piège avec une petite trentaine de navires romains sur la centaine qu'il avait mené au combat lematin même.

Plus à l'ouest, la flotte lagide, profitant de la puissance de son artillerie, de la pleine mer et de sa valeur égale à celle d'Athènes réussit à sortir du piège malgré la perte d'une cinquantaine de navires.

Poursuivies par les vainqueurs, les escadres vaincues parvinrent quelques jour splus tard à Aternum sur la côte du Samnium.
Carthage et Athènes étaient maîtres de l'Adriatique !

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